Le Grand Canon pénitentiel de saint André de Crète

Le lundi, mardi, mercredi et jeudi de la première semaine du Grand Carême, des offices avec la lecture du Grand Canon pénitentiel de saint André de Crète ont été célébrés dans l’église de notre paroisse. Les offices ont été présidés par le recteur de la paroisse, l’archiprêtre Vadim Zakrevsky.

Ce canon est en quelque sorte un guide pour notre comportement pendant le Grand Carême et pour ce sur quoi nous devons nous concentrer. Le chant « Mon âme, mon âme… » éveille particulièrement la tristesse pour nos péchés.

Dans ses paroles adressées aux paroissiens après ces offices, le recteur a souligné plusieurs idées principales.

Premièrement, pour être libre du péché et indépendant des passions, il faut jeûner. Cependant, le jeûne ne concerne pas réellement la nourriture. Deuxièmement, le jeûne, comme toute action humaine, exige patience, effort et préparation. Le père Vadim a comparé cette préparation à l’entraînement d’un athlète, avec la différence qu’un athlète reçoit une couronne périssable, tandis que celui qui jeûne véritablement et vainc ses passions peut recevoir une couronne incorruptible dans les Cieux. 

Afin de nous préparer au Grand Carême, l’Église nous propose également des chants tels que : « Ouvre-moi les portes de la repentance, ô Donateur de vie ».

Il a également été souligné que l’une des raisons pour lesquelles nous ne parvenons pas à atteindre l’humilité — sans laquelle la vraie repentance est pratiquement impossible — est l’orgueil. Dans ce contexte, le recteur a évoqué la différence entre la prière du pharisien et celle du publicain. Bien que les pharisiens observaient la loi, la prière humble du publicain — « Seigneur, purifie-moi, pécheur » — fut jugée supérieure aux yeux de Dieu. 

Un exemple tiré de la vie de saint Antoine le Grand a également été mentionné. Durant son ascèse dans le désert, il entendit une voix de Dieu lui disant qu’il n’avait pas acquis même une partie de ce qu’avait acquis un simple tanneur d’Alexandrie. Étonné, Antoine se rendit à Alexandrie et demanda à cet homme ce qu’il avait fait pour recevoir une telle miséricorde. Le tanneur répondit qu’il n’avait rien fait d’extraordinaire et que sa vie était la même chaque jour. Mais lorsqu’Antoine insista, il dit que peut-être la seule chose qu’il faisait était de prier chaque jour en pensant que tous les habitants d’Alexandrie seraient sauvés, tandis que lui seul était pécheur. C’était là un exemple de véritable humilité, que Dieu estima même au-dessus des grands exploits ascétiques d’Antoine. 

Il a également été souligné que le plus important est le désir réel de repentance et de jeûne dans les actes, et non seulement en paroles.

Enfin, il a été rappelé que chacun traverse le jeûne à sa manière et qu’il n’est pas agréable à Dieu de comparer la manière dont différentes personnes observent le jeûne, car cela est aussi une manifestation d’orgueil.